28.1.13

CACHEZ CETTE ARME...


«Concealed weapons». C’est le terme anglais pour désigner les armes dissimulées, que l’on porte sous sa veste, dans un holster, un sac à main ou à la ceinture. L'arme de poing, celle qui sait se faire discrète.

Le 17 décembre 2012, soit trois jours après la tuerie de Newtown, dans le Connecticut, Barack Obama a rendu visite à la communauté traumatisée, pour prononcer un discours dont le niveau de couardise et d’hypocrisie devrait faire date dans l’histoire.
Un discours de 9125 signes, soit à peu près quatre feuillets A4, dans lequel le fraîchement réélu président des Etats Unis n’y va pas avec le dos de la main morte: l’Amérique va devoir changer. Si. Et vite, parce que c’en est trop ! Et si ça continue, il faudra que ça cesse ! Non, parce que là, vraiment, hein, comprenez, hein, c’est pu possib’, hein ? 
Et de quoi parle-t-il, Barack ? Hmm ? C’est-y quoi donc qu’est pu possib ?
Sur quoi va-t-il porter, le changement ?
Eh bien on ne le saura jamais, parce que dans ce discours poignant de 9125 caractères, prononcé au lendemain d’une boucherie perpétrée à l’arme de guerre dans une école primaire, le brave soldat Barack a réussi la prouesse technique de ne PAS EMPLOYER UNE SEULE FOIS les mots «arme», «fusil», « pistolet» revolver», « armement» « arme de guerre», «mitrailleuse» etc... Quant aux allusions sur la libre détention et la circulation desdites armes, ne rêvez pas... Nib. Peau de balle doom doom
Dans le même temps, il multiplie les allusions au Seigneur, à Dieu, à la Bible, ( plus d’une vingtaine, en tout). On parle beaucoup d'amour, également, car dieu sait que c'est une notion centrale dans le dossier de la gestion des armes à feu, c'est bien connu. 

On fait du storytelling, aussi, comme toujours, aux Etats unis: on décrit le drame sous forme de «scenes» avec des «heroes», et des anecdotes qui semblent déjà copyrightées et en cours de tournage.
« Concealed weapons», je vous dis. Les armes sont là, quelque part, tout près, dans son discours, vous pouvez même sentir l'odeur de la poudre, mais vous ne les verrez pas. Elles sont dissimulées par un pudique manteau de bons sentiments et de ferveur chrétienne. Vous n’en entendrez pas parler. Pas un mot. Tout au plus reconnait-il que dans ce pays, il y a trop de « mass shootings»... Seule concession à la réalité, qui déforme un peu ce discours lénifiant, comme la crosse d’un revolver planqué déforme un veston. Le président a la ferme intention d’agir, il nous le dit à maintes reprises, mais c’est à chacun de comprendre sur quoi il a l’intention d’agir, parce que lui, Barack, il ne vous le dira pas.
C’est donc en quelque sorte un discours-gabarit, que l’on peut ressortir à propos de tout et de n’importe quoi, du moment qu’on en a raz le bol, et qu’on a la ferme intention de changer les choses.
Les impôts ont augmenté ? Prononcez ce discours.
Les médicaments ont tué quelqu’un ? Prononcez ce discours.
Le nucléaire c’est dangereux ? Prononcez ce discours. 
Pour les sceptiques anglophones, le texte est , en intégralité.
Un grand coup de chapeau aux auteurs de ce discours. Ça n’a pas du être facile de l’écrire. C’est un peu l’Everest du ni oui ni non. C’est comme parler pendant vingt minutes de Zidane sans jamais dire «coup de boule».

LA VICTOIRE DU "GOOD GUY WITH A GUN"
Ce discours est non seulement creux et timoré, mais il pousse le sublime jusqu’à utiliser la terminologie des défenseurs de la libre détention des armes. Obama mentionne à deux reprises le rôle joué par les «good guys» dans cette affaire ( 4’30’’ du discours). Il veut parler des "good guys with a gun", naturellement ( voir mon article précédent), mais même là, il ne prononcera pas le mot «arme». Même associé au good guy, ça lui paraît trop risqué. Qu'importe, d'ailleurs, car le mal est fait. 
Sitôt qu'il accepte l'avènement du "good guy", sitôt que lui, Barack Obama, le big boss, il l'intronise comme acteur principal de l'histoire, sitôt qu'il accepte cette vision lamentablement manichéenne des choses, où l'on se contente d'opposer les gentils aux méchants, il donne à la cause du "gun control" un solide mawashi dans la tempe. Par inadvertance peut-être, par bêtise sûrement, par incompétence ça ne fait aucun doute.

EN CADEAU BONUS: LA RECETTE DU STORY-BURGER à sauce ricaine ! 

Dans tout bon produit narratif ricain (ou ricanisant), il y a 4 étapes.
Etape 1: une communauté vit paisiblement dans la joie et l'amour.
Etape 2: un méchant survient
Et avec lui, le malheur, le chaos. Ne vous demandez pas pourquoi il est méchant, jamais. Il est méchant, point. il veut le pouvoir, il veut asservir les honnêtes gens, il veut être riche sans rien faire, c'est tout. Il est méchant. La vie ne pourra plus jamais être paisible et pleine d'amour tant qu'il n'aura pas été vaincu. ( Important: le méchant n'a jamais, jamais au grand jamais, de raisons d'être méchant. Il est méchant parce que. Ce point est très important.)
Etape 3: Un ou des héros surviennent, et s'élèvent courageusement contre le méchant et tuent le méchant.  Que ce soit froidement ou au terme d'un accident qui permet d'imputer au méchant la responsabilité de sa propre mort, et de garder intacte et pure l'âme du héros.
Etape 4: la vie paisible de la communauté peut reprendre, jusqu'au prochain méchant.
99% des récits d'aventures, des films et des comics sont construits sur ce schéma. C'est donc en ces termes que l'on s'adresse ensuite aux foules pour leur expliquer les choses, dans la vraie vie, pour qu'elles puissent mettre des mots simples sur des problèmes complexes, et qu'elles aient le sentiment d'être en territoire connu, de comprendre l'enchaînement narratif qui leur est proposé. " Tu vois, lui, c'est un méchant. Alors nous, comme on est des gentils, on doit le buter, tu comprends ? C'est un peu triste, mais il n'y a pas d'autre solution. Sinon, tôt ou tard, on va le regretter."
Ce schéma immuable est à l'origine de toute la communication moderne autour des guerres, des "terroristes", de l'Irak à l'Afghanistan, en passant par la Syrie, ou "l'ultra-gauche anarcho-autonome" de Tarnac. Tant que tu n'as pas été identifié comme un méchant, ça va. Si tu as été identifié comme un méchant, tu vas mourir. Désolé. Physiquement ou médiatiquement, mais tu vas mourir.
S'agissant de la production d'histoires pour enfants, un film " grand public" fait clairement acte de résistance face à ce schéma cauchemardesque du bad guy vs good guy", selon moi, il s'agit de Kirikou. 
" Pourquoi la sorcière Karaba est-elle aussi méchante ?" se demande Kirikou, dès l'instant qu'il vient au monde. Il est le seul, dans son village, à se poser la question. et il est le seul, dans son village, à essayer non seulement de comprendre la cause de la méchanceté de Karaba, mais à essayer de résoudre son problème.
Kirikou est à mon sens un des rares films dans lesquels on apprend aux enfants à essayer de faire preuve d'empathie et de compassion pour celui qui nous veut du mal, plutôt que de se laisser aller à une folie punitive  de blood justice.
A la fin du film, c'est cette attitude qui fait grandir Kirikou, et qui fait revenir karaba dans le village, où elle finit par être acceptée. personne n'est tué, ni humilié, ni puni.
Le film a été interdit au moins de douze ans aux Etats unis, parce qu'on y voyait les seins nus des femmes.


25.1.13

A BAD GUY WITH A GUN


Il nous l’a dit Wayne Lapierre, le très bien coiffé président de la National Rifle Association, le lobby américain des armes: « Le problème de la violence aux Etats-Unis n’est pas un problème d’armes.» eh non ! Je sais, ça surprend, moi aussi, au début, je croyais ça, mais non, en fait. Il nous l’explique, Wayne. Le problème, c’est pas le gun. Le problème, c’est le «BAD GUY with a gun». Le méchant type avec un flingue. Et la seule façon, selon Wayne, de stopper un «bad guy with a gun», c’est un « good guy with a gun».


Alors bon, ok, d’accord, ne soyons pas sectaire, examinons l’argument.
Le bad guy with a gun, donc. 
Ok. 
A quoi le reconnait-on ? 
Facile. Il a un flingue, et la ferme intention de s’en servir. 
Donc quand vous voyez un type avec un flingue, sortez le vôtre, de flingue, et butez-le avec méthode et détermination, car c’est un bad guy with a gun
Effectivement, ça marche. 
Mais que se passe-t-il si une troisième personne vous voit sortir votre arme, mais ne voit pas le bad guy with a gun que vous ambitionnez de neutraliser ? Spontanément, je dirai qu’il va vous descendre, à moins qu’un quatrième gars, un good guy with a gun le voit sortir son arme à feu et ne le shoote avant qu’il n’ait eu le temps de vous faire péter le carafon. Sauf, naturellement, si une autre personne voit le quatrième good guy, et décide de le neutraliser... 
Wopopopop ! 
Ça part en eau de boudin, ton histoire, Wayne.
On voit bien  à quel nouveau type de «mass massacre» peut nous mener ce petit jeu. Dans une ville moyenne, dans laquelle tout le monde serait armé, si on accepte l’idée que, passée une certaine heure, un bon tiers de la population a picolé ou pris des stupéfiants, qu’un autre bon tiers, est en proie à des bouffées paranoïaques ou dépressives, qu’un bon dixième a des problèmes de vue, on imagine très bien le gigantesque champ de tir que peut devenir la rue en cinq minutes. Et chacun jurera avoir vu un bad guy with a gun à l’œuvre quelque part, à un moment donné.
D’ailleurs, pendant qu’on y pense, ce premier bad guy with a gun, le sujet alpha, celui que vous vouliez buter, n’était-il pas déjà un good guy with a gun qui essayait de faire régner la justice en interceptant un bad guy with a gun que vous n’aviez pas vu ?

Cette commode opposition entre le good guy with a gun et le bad guy with a gun prend un peu l'eau, déjà...
Poursuivons l'examen.
Prenons le cas de Sandy Hook, la petite école où le dernier drame a eu lieu.
La veille encore, le jeune Adam ( le tueur, donc) était un good guy without a gun, un brave écolier, un peu marginal, mal dans sa peau, mais clairement identifié comme un good guy par ses profs et ses camarades, même après le drame, d’ailleurs. Comment est-il passé en une nuit de l’état de good guy without a gun à celui, plus difficile à vivre, de bad guy with a gun, et même de very bad guy with many many many guns ?
Tout simple: Adam a pris les armes de sa maman. Car cette brave institutrice, une good girl with big guns, avait chez elle deux pistolets automatiques, des chargeurs, et un fusil d’assaut en état de fonctionnement, avec des chargeurs, comme toutes les institutrices, je suppose. C'est le matériel requis, non ?
Non ? 
Ah, on me dit que pas forcément. Bon. Je ne sais pas, je ne suis pas instituteur. En tout cas, Wayne, notre cher Wayne, le boss de la BIG GUN COMPANY, toujours lui, soutient que si la première institutrice dans la classe de laquelle le tueur a fait irruption avait eu une arme et avait su s’en servir, le tueur aurait été arrêté net, et n’aurait pas continué sa macabre besogne plus avant. CQFD.
Moui.
A imaginer que ladite institutrice fasse classe avec son AK47 en bandoulière, peut-être. Mais sinon, on a quand même du mal à lui donner plus de 5% de chance de succès quand un frappé fait irruption dans sa classe avec l’arme à la hanche, des boules quiès dans les oreilles, et le vide dans les yeux, pendant qu'elle est en plein atelier pâte à sel. Par contre, la NRA aurait vendu une arme de plus, ainsi que quelques cours d’utilisation, puisque c’est surtout ça qui rapporte.
Ironie, suprême, donc, le bad guy with a gun était donc ici le fils d’une good girl with a gun, et ils connaissaient tous les deux parfaitement le maniement des armes de guerre.
Ils sont morts, ainsi qu’une vingtaine d’enfants qui n’avaient rien demandé.
On le voit, la théorie de Wayne est une touchante tentative de déni de la réalité, mais elle se heurte tout de même à deux ou trois écueils, le plus important étant la difficulté qu’il y a à savoir à quel moment un good guy without gun devient un bad guy without gun, et à partir de quel moment un bad guy without gun devient un bad guy WITH a gun, ce qui change tout.
La difficulté est d’autant plus grande que, pas plus tard que cette semaine, un policier américain a exécuté sa femme et son fils de cinq ans avec son arme de service, avant de se tirer à son tour une balle dans la tête. De la part d’un good guy with a gun sous serment, c’est un peu limite, et je ne suis pas loin de penser qu’il a fait exprès pour ajouter de la confusion à ce débat.

27.9.12

QUAND LA RÉALITÉ TÉLESCOPE LA FICTION.

Alors là, mes petits amis, je ne résiste pas à l'envie de partager ce petit article paru ce mois-ci dans un magazine local de fondus de brocante. C'est un lecteur qui me l'a envoyé.
IN-CRO-YABLE !


29.6.12

L'IMPOSSIBLE

Ça ne t'a pas échappé, lecteur sagace, le monde de la presse se divise en deux catégories. D'un côté les journaux qui vendent de la pub, et de l'autre, ceux qui n'en vendent pas.
Si tu es comme moi, et que tu as cessé totalement de lire la première catégorie, car tu en conchies le principe, peut-être ne sais-tu pas que depuis maintenant quatre numéros, tu peux te délecter de L'IMPOSSIBLE, et sentir tous tes petits ventricules tressauter à l'unisson et danser la samba.
Car dans l'IMPOSSIBLE, tout est bon. Le titre, le format, le papier, la maquette, les articles, tout te dis-je.
Un peu de poésie, un peu de littérature, un peu de journalisme, quelques essais, philosophiques ou pamphlétaires, quelques photos, même, parfois, des réflexions, des machins, des bidules, des capsules, des objets littéraires non-identifiés... Le genre de journal qui n'a besoin que d'une chose: de lecteurs. L'IMPOSSIBLE, ça se plie, ça se roule, ça se griffonne, ça s'annote, ça se refile, ça se faufile, c'est le genre de papier pas glacé qu'on aime feuilleter, égarer, retrouver, relire...
Alors que ne cours-tu jusqu'à ton kiosque préféré pour t'en approprier goulument un exemplaire, gros paresseux ?


28.6.12

ROUGE

À l'instar du serpent, du quetzal, de ces cons de chats et du Barda de Céline, ce blog mue.
Finie cette teinte verdâtre qui évoquait de manière trop obscène l'espoir béat d'un monde meilleur !
Rions ensemble une dernière fois de nous être laissés aller à d'aussi coupables débordements d'optimisme, et puis n'en parlons plus.
Nous étions jeunes et larges d'épaules, tout ça.
Le rouge donc, désormais. Il faudra vous y faire, alors faisez-vous-y.
Que de choses se sont passées depuis la dernière fois que nous nous sommes parlés sur ce blog, toi et moi, lecteur assidu et pourtant délaissé ! Non mais tu te rends compte ?
Non. Toi, évidemment, tu ne te rends compte de rien, tu n'as plus la notion du temps, tu es happé par le vortex cybertactile multi-écrans, tu tapotes, tu frottes, tu touches, tu chatouilles des surfaces vitrées interactives, tu tapes au carreau du monde virtuel, tu es heureux comme ça. Bon.
Mais moi, je me rends compte pour deux, tu sais. C'est mon job.

Tiens, songe qu'il y a quelques jours à peine est sortie AZIMUT, une toute nouvelle série graphistolée par le séduisant jean-Baptiste Andreae, dont il serait presque insultant de faire l'éloge ici, tant son génie est d'ors-et-déjà célébré un peu partout de par le monde. Songe un peu, lecteur sceptique, que la rue bordelaise dans laquelle il réside est littéralement assiégée à l'année par des hordes d'admiratrices qui vivent là à même le sol, portées par l'espoir fou de pouvoir se baigner quelques instants à son aura naturelle lorsqu'il daigne sortir de chez lui pour aller acheter des clopes. Ou du pain. Ou les deux.
C'est dans ce contexte difficile, qui le contraint à un isolement ascétique quasi-total, que Jean baptiste réalise avec humilité et application les superbes planches de cette série déjà culte dans plusieurs mondes parallèles, et bientôt dans le nôtre, n'en doutons pas.
Moi, c'est bien simple, rien qu'à l'idée que tu sois passé à côté de ce joyau de la narration graphique, cette perle blottie dans l'huître grasse et laiteuse de la production actuelle, j'en ai des frissons tout partout. Ressaisis-toi, lecteur, redonne un sens à ta vie, et lis Azimut. Offres-en à tes proches ! Répands Azimut autour de toi, et sois heureux, enfin !

Moi je dis ça, c'est pour toi, hein. Après, tu fais comme tu veux, naturellement.

10.3.11

ON N'A JAMAIS VU UN BLOG AUSSI MAL TENU !

C'est bien simple, rien n'est à jour.
Rien.
Par exemple savais-tu, lecteur, qu'avec le magnifique et mystérieux Yannick Corboz, nous avons été honorés du DBD AWARD RÉVÉLATION 2011 pour notre premier tome de L'ASSASSIN QU'ELLE MÉRITE ? HEIN ? Le savais-tu ? Non.

Et savais-tu que je sors non pas une, non pas deux, mais bien TROIS NOUVELLES BD dans les semaines à venir ? Hein ? Le savais-tu ?
Pas davantage. Et pourtant c'est le cas.
Il s'agit de L'HONNEUR DES TZAROM T2 dessiné par le torride Paul Cauuet, L'HOMME QUI N'AIMAIT PAS LES ARMES À FEU T1, goupillé par le séduisant Paul Salomone, et LE DROIT CHEMIN T1 mis en image par le sulfureux Morgann Tanco, ( album pour lequel il n'existe pas encore de page web).

Et le festival BD PYRÉNÉES, à Pau, les 1, 2 et 3 avril, savais-tu qu'il approche à grands pas, et que ça va être une boucherie ? Hahaha. Insouciant que tu es.
Tu ne sais rien.

Et pour une excellente raison: je n'en ai rien dit.
Mais oui, mais ça prend du temps, tout ça.

8.12.10

THE US ARMY IS GAGA



Pour changer, j’ai une bonne nouvelle: il y a ENFIN une femme dont la pensée pèse véritablement sur l’action géostratégique de l’Oncle Sam, et donc du monde entier !

Mais qui ? Madeleine Albright ? Condoleeza Rice ? Hillary Clinton ? Naaan.


Je veux bien sûr parler de Lady Gaga.


Si si si, on parle bien de la même personne, celle qui “want to take a ride on your disco stick”. Tout-à-fait.





( S’il reste quelqu’un qui ne la connait pas, je lui laisse cinq minutes pour faire une recherche en ligne, mais alors vraiment, je te jure, t'es pénible, hein...)


Ça y est ? C’est bon ? Je peux continuer ?


Bon, donc, je disais, Lady Gaga, depuis plusieurs mois déjà, s’est faite la porte-parole de la communauté gay américaine pour appeler le sénat à réformer la loi dite “ don’t ask, don’t tell” qui pourrait se résumer ainsi: “ keep the queens out of the marines”, c’est-à-dire pas de tantouses chez les meuwines !

C’est une loi qui rend incompatible l’homosexualité et la carrière militaire sous la bannière étoilée. La guerre c’est pour les hommes, les vrais ! Ceux qui besognent des femmes, pas leurs copains de chambrée !

Conséquemment, dès qu’un fier GI est reconnu “coupable” de pratiques inverties, il est expulsé du corps (haha).


Lady Gaga réclame de tout son être l'abrogation de cette loi, pour que les gays meuwines en finissent avec le stress, les brimades, le sentiment de persécution qui poussent chaque année nombre d’entre eux vers la dépression et même pire.


Démonstration !


Et alors? me direz-vous...


Et alors il y a Wikileaks. Le scandale Wikileaks. La boulette.

Et la dernière source en date du site Wikileaks, c’est Bradley Manning, jeune homo rieur, tout de kaki vêtu, qui officiait en Irak en qualité d’agent de renseignement spécialisé en informatique.

“Démasqué” en tant qu’homo, moqué et harcelé par ses pairs, victime des brimades et des persécutions dont parle Lady Gaga et dont les militaires ont le secret, notre petit Bradley décide de foutre le boxon en téléchargeant et en transférant à Wikileaks des centaines de milliers de messages confidentiels de la diplomatie américaine, créant la situation que l’on sait. La vengeance du pédé (dé)masqué. Fallait pas l'embêter.

Et comment a-t-il fait, Bradley, pour faire sortir tous ces documents ARCHI-ULTRA-TURBO-SECRETS protégés par les systèmes de défense les plus perfectionnés de l'univers ? Il les a bêtement copiés sur un CD, sur lequel il avait écrit LADY GAGA pour ne pas attirer l'attention.


CONCLUSION: si le sénat américain avait écouté la demoiselle susnommée, oui, elle, là, avec sa robe en bidoche, eh bien il aurait évité la plus grosse bévue géopolitique de ces dernières décennies.


On devrait TOUJOURS écouter Lady Gaga, CQFD.


Ce que personnellement, je me tue à dire depuis maintenant des mois, mais Dieu qu’il est long, le chemin du prophète ! ( et Dieu qu’il est dur de marcher dans le désert en escarpins à paillettes taille 46 !)

10.2.10

Les passagers à destination de TOULOUUUUSE... !!!


Un petit mot pour prévenir ceux que ça intéresse que SAMEDI 13 FEVRIER, Paul Cauuet et moi-même serons en dédicace à la librairie Terres de Légendes, rue Gambetta à TOULOUSE, pour L'HONNEUR DES TZAROM.
Venez nombreux, on tâchera de se poiler...

19.12.09

TADALATATAAAA BOUM TIZIK BOUM TZIK ! !

Pour que Noël soit moins Tino Rossi et plus TOBROGOÏ, voici en exclusivité INTERGALACTIQUE, la bande annonce de L'HONNEUR DES TZAROM.
L'Honneur des Tzarom - Bande annonce
envoyé par editionsdelcourt. - Films courts et animations.

15.12.09

DE L'IMPORTANCE DU MATOS #2

Un ami de Sylvio Berlusconi lui avait dit un jour: " Si tu as l'occasion, va visiter la cathédrale gothique de Milan, tu verras, tu va prendre une grande claque."
Eh bien c'est fait.
A un détail près, c'est la cathédrale gothique de Milan qui a visité l'architecture faciale de Silvio, en occasionnant pas mal de dégâts: nez cassé, dents cassées, lèvre ouverte...
C'est le problème du gothique, c'est agressif, comme architecture.
Je te montre...

Naturellement, dans le cas de Sylvio, il ne s'agissait que d'une reproduction, une statuette, mais enfin reconnais que ça doit être un peu rêche au toucher. C'est le gothique. D'un point de vue purement pratique, il aurait sûrement préféré se ramasser une mosquée, le Sylvio: dans les mosquées, les dômes sont arrondis, on peut s'arranger... Mais le gothique, c'est rêche. A se demander si ça n'a pas été conçu pour empêcher Dieu de venir s'asseoir sur ses fidèles dans un moment d'hypothétique découragement.
Bon, j'ai l'air de plaisanter, là, mais ces considérations architecturales ne doivent pas nous faire perdre de vue l'essentiel: lancer des cathédrales, mêmes gothiques, sur des élus de la République, même pathétiques, c'est pas bien.
Dans le cas qui nous occupe, l'agresseur est un déséquilibré mental ( l'agressé aussi, selon moi...), donc on ne peut pas l'accabler. Mais enfin pour tous ceux, et ils sont nombreux, qui devant la médiocrité, le cynisme, et l'impunité totale de nos dirigeants, seraient tentés de se laisser gagner par l'intempérance, il est temps, je crois, d'essayer d'encadrer les activités.
Car tous les projectiles ne se valent pas.
Face au spectacle insupportable de la classe politique actuelle, deux grandes catégories de lancer sont d'ors et déjà validées par l'usage et par leur fort potentiel zygomatique:
- Le lancer de tarte à la crème, ou entartage, popularisé par Noël Godin, alias Le Gloupier, et ses acolytes.
- Le lancer de chaussure, discipline qui était un peu tombée en désuétude, mais que le fripon Mountazer al-Zaïdi a remis au goût du jour, en Irak, en prenant Georges Bush pour cible.
Chacune de ces disciplines a ses variantes et ses figures de style: on peut préférer l'œuf ou le petit suisse, on peut attendre d'avoir marché dans la crotte avant de lancer sa chaussure, c'est de bonne guerre... Mais convenons-en: en matière d'artillerie protestatoire, ces deux grands axes devraient constituer le MAXIMUM toléré.
Tout autre type de projectile plus dévastateur doit absolument être banni, car il présente inévitablement trois défauts majeurs:
1- il fait beeeaauuuuucoup plus mal ( Cf: la cathédrale gothique de Milan... mais on aurait atteint un résultat sensiblement égal avec une reproduction de notre Dame de Paris ou du Taj Mahal.)
2- L'apparition de sang et d'ecchymoses réduit (pratiquement) à néant la dimension burlesque de l'événement.
3- La victime n'est plus ridicule, et peut susciter la compassion ( pas chez moi, mais chez certains).

Donc restons-en aux projectiles "sub-lethaux" comme disent les gens de chez Tazer®. Et à l'usage des énervés, je risque une nomenclature universelle:
Après, naturellement, c'est vous qui voyez...

11.12.09

Allo Wil c'est Jo...

Quelque chose de très fort se passe entre mon pape et moi.
Hier soir, comme par hasard, pile au moment où je commençais une partie de VATICAN ZOMBIE ANIHILATION IV®, mon papophone s'est mis à se trémousser au son du Te Deum version moog.
Pour ceux qui arrivent en cours de saga, je vous le remontre, comme à chaque fois.

C'est une ligne directe. Il m'a été offert par Benoit XVI, en remerciement d'une dédicace d'Alim le Tanneur, dont il est très fan. C'était d'ailleurs l'objet de son appel d'hier soir.
- Allo Wil ? C'est Jo. Dis donc, ça y est, hein ! J'ai lu le tome 4 !
- Ah ! t'as pris le coffret ?
- Oui, j'ai pris le coffret ! Et alors finalement, c'est bien ce que je pensais... Tu t'es bien foutu de ma gueule...
- Pas du tout, pourquoi tu dis ça ?
- Me prends pas pour une buse, hein ! Je suis pas encore complètement gelé ! Dans ce tome 4, tu suggères que mon rôle de pape, c'est de faire prospérer une puissance impérialiste basée sur du vent ! Pire ! Sur du mensonge sciemment entretenu ! C'est scandaleux ! Tu réduis ma fonction à celle d'un administrateur/propagandiste froid au service d'une caste marchande ! Et encore pire que pire ! Ton pape à toi ASSASSINE par derrière le véritable soldat de dieu ! Le bon croyant ! Tu crois que j'ai pas saisi le message ?!
- Roooh, bon, ok, je t'ai un peu charrié...
- Un peu charrié ?! Tu veux mon poing dans la gueule ?!
- Non mais si tu lis bien la fin, je ne nie pas la force civilisatrice du procédé religieux. C'est même le contraire: j'en reconnais l'efficacité.
- Mais c'est une pirouette, cette fin ! Pour éviter que je t'envoie deux frappés de la confrérie Saint Pie X pour te péter les genoux ! Tu reconnais la force de mobilisation civilisatrice, mais tu NIES LA SINCÉRITÉ de ce mouvement religieux ! Donc tu le réduis à néant ! ENCULÉ !
- Benoit, tu serais pas un peu à cran, ces temps-ci ? Tu es sûr que ça va ?
- NON, ça va pas !
- C'est marrant, parce que dans la presse, on peut lire plein de communiqués qui assurent tous que tu es en pleine forme.
- C'est pas à toi que je vais apprendre les bases de la communication: si le Vatican crie partout que je pète le feu, tu te doutes bien que c'est parce que ça sent le sapin... Regarde Johnny...
- Dans ton cas, ça m'étonnerait que ce soit du sapin. Il doit bien vous rester assez de thunes pour te payer une boite en acajou, non ?
- Oaf, tu sais, financièrement, le Vatican, c'est plus ce que c'était, hein...
- Je sais bien. D'ailleurs, la banque du Vatican a encore quelques petits problèmes, j'ai vu...
- OoooOOOooooh noOOOoOooon, tu vas pas me parler de ça... ?
- Ben si, un peu quand même: T'es à la tête d'un paradis fiscal, mon Benoit. Toutes les familles de la Cosa Nostra ont un compte en banque chez toi. Et depuis longtemps. Tu blanchis l'argent de la drogue, des putes, du trafic d'armes...
- De l'uranium, aussi... Mais pas beaucoup.
- Mouais. Niveau bancaire aussi, vous êtes très portés sur le secret de la confession, j'ai l'impression.
- C'est une culture, hein, qu'est-ce que tu veux que je te dise...
- Sauf que là, vous allez ENCORE vous faire épingler. Il y a des services fiscaux qui sont sur les dents. Et c'est pas la première fois. Et c'est pas TRÈÈÈÈÈS catholique, tout ça...
- Pfff...
- En tout cas, avoir Bernardo Provenziano parmi ses clients, c'est la classe. Bravo. ZEU PARRAIN ! Tout le monde l'a cherché pendant trente ans, et il avait un compte chez toi. Respect.
- Mais ouais mais c'est les fidèles, aussi ! Ils donnent plus rien, à la messe ! Les troncs sont vides !
- Ce sont pas plutôt les églises, qui sont vides ?
- Aussi... Mais bon, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Je vais pas vendre ma mitre sur Ebay !
- Il y avait déjà ta bagnole, remarque... Et c'est pour ça que tu réintègres tous les frappés du christ, là ? Les nostalgiques des croisades, les tordus qui se saoulent à l'eau bénite ? Tous ceux que tes prédécesseurs ont lourdé parce qu'ils étaient dangereux et ingérables ?
- Ben tiens ! Je vais me gêner ! Ils font leur messe à guichet fermé, eux ! Et leurs enfants veulent devenir prêtre, eux !
- Et en plus, c'est plutôt des familles aisées, non ? C'est serre-tête et col Claudine, non ?
- Parfaitement. C'est la crise, Wil. Tout le monde en chie. J'ai un budget à équilibrer moi.
- Donc, finalement, tu fais comme Khélob: tu fais tourner la boutique comme tu peux, et tu t'arranges avec la foi.
- Eh ben oui ! OUI !
- Mais alors pourquoi tu l'as pas aimé, cet album ?
- Parce que moi je voulais rêver, je voulais m'évader ! Je voulais voir la petite fille courir sur la plage avec son cerf-volant ! Putain de merde ! J'ai posé une journée pour lire cet album peinard, et qu'est-ce que j'y trouve ?!
- Ta vie ?
- Voilà ! Merci du cadeau ! Joyeux Noël !
- En parlant de ça: pourquoi tu as avancé l'heure de la messe de minuit, cette année ? Le soir de noël, tu fais la messe de minuit à 22h ? C'est quoi ce délire ?
- Ben... Wil ! me dis pas que t'as oublié ?!
- Quoi ?
- Ben on bouffe ensemble !
- Ah merde, chuis con ! Et ouais.
- Alors j'ai avancé l'heure de la messe, sinon, ça me fait trop tard, après...
- Du coup, tu veux que je vienne vers quelle heure ?
- Ben je vais essayer de torcher le truc pour 23h30, et comme ça, on passe à table vers minuit. Passe par derrière, je laisserai un archevêque à la porte... T'apporte le foie gras ?
- Tu y as droit, au foie gras ?
- Oh, dis merde, c'est noël...

7.12.09

Tous les chemins mènent aux TZAROM


C'est le début de la conquête de l'espace par les Tzarom.

Le compte à rebours est lancé.

Toute résistance est inutile: vous serez TOUS tziganisés.

Disponible à partir du 6 janvier 2010. Et d'ici là... quelques petites surprises !

2.12.09

PREUM'S

Alors voilà, ça y est, on est en décembre. Et décembre, tu le sais, lecteur sagace, c'est la saison des .... ? Des... ?
Boules de neige ? Non.
Marrons glacés ? Non plus.
Cadeaux de noël ? Enfin, lecteur, sois un peu attentif: est-ce que je me ferais chier à faire un article sur le thème des cadeaux de noël ? ( remarque, je pourrais en profiter pour rappeler que l'intégrale d'Alim le tanneur, de l'ivresse des fantômes ou de Célestin Gobe La lune, c'est pas mal, comme cadeau de fin d'année...)
je disais donc.. décembre c'est la saison des ...
Des SDF, bien sûr !
Alors paf, je m'en fous, je grille tout le monde, et en exclusivité pour toi, lecteur, j'écris avant tout le monde ce qui va faire la une de la presse dans environ quinze jours, 3 semaines: il va faire froid ( si !), un premier SDF va mourir dans la rue ( ce qui va surprendre tout le monde, tu penses !), puis un second ( pas de bol !! ), ce qui va engendrer des heures entières d'images de ministres en promenade médiatique, qui vont se rendre sur place, pour tâcher de comprendre, pour afficher une compassion de circonstance, des gueules de dix pieds de long, et SURTOUT, pour annoncer qu'ils ont pris des MESURES D'URGENCE, et qu'ils se sont battus comme des lions pour trouver 3 sous pour ouvrir des salles d'accueil, parce qu'il faut agir et blablabla et blablabla et bla.
Voilà, comme ça c'est fait.
Eh oui, c'est ça, la presse moderne: ça suffit plus d'être sur le coup AU MOMENT où l'événement a lieu. Anticipation.
Bon, d'accord, cette année, on n'aura pas Christine Boutin ( encore que, elle est fichue de venir quand même...) Mais on aura sûrement Xavier Darcos, qui est aujourd'hui ministre des affaires sociales, de la solidarité et de la ville. Un battant, quoi. Un fou furieux de l'engagement auprès des pauvres. Un toqué du droit au logement. Et peut-être même que Zébulon viendra EN PERSONNE !

Non tu vas voir, ça va être bien.
Et puis l'avantage avec cet article d'anticipation, c'est que si tout ça te donne envie de vomir, et bien tu vomis maintenant, tranquillou, et comme ça, tu es débarrassé, et tu peux passer de bonnes fêtes.
En lisant Alim le Tanneur au coin du feu.
Ou l'ivresse des fantômes.
Ou Célestin...
Ou ce que tu veux...



Je te renvoie à un article de l'année dernière
intitulé LA TAUPE GAROU DU BOIS DE VINCENNES

13.11.09

ALIM LE TANNEUR T4 TOUT CHAUD !

Voilà, c'est lui: le quatrième et dernier tome d'Alim Le Tanneur vient d'arriver chez moi, et sera donc dans les bacs le 2 décembre.
Une page se tourne.
Enfin plus exactement 64 pages se tournent, et une fois qu'on les a tournées, eh bien bizarrement... une page se tourne.
Enfin je me comprends.

Je ne sais pas si je vais faire beaucoup de dédicaces ( on demande rarement les scénaristes... monde cruel!) mais il y en a au moins une de sûre: Je serai avec Virginie Augustin le 11 décembre à la librairie BACHI BOUZOUK, à PAU. Et ce serait vraiment dommage de ne pas venir, parce que ce jour-là, il y aura également le mystérieux Anthony Jean ( LA LICORNE, éditions DELCOURT), et le flamboyant Masbou ( DE CAPES ET DE CROCS, éditions DELCOURT).
Et il est fort probable que nous écouterons du CAZOUL à fond !

Alors vraiment, si ça c'est pas chouette.

6.11.09

ET C'EST UN BLOG FRÂÂÂNÇAIS, MONSIEUR ! FRÂÂÂNÇAIS !

Raaahlalala, c'est pas facile tous les jours, tiens, la vie d'un français.
Par exemple en ce moment, alors qu'on a rien demandé, on est obligé de se farcir le grÂâÂÂâÂnd débat d'Eric Besson sur l'Identité Nationale ( à prononcer avec l'accent du sud cher à Charles Pasqua, notre maître à tous, qui a tellement nourri ce débat au cours de sa longue action politique).
Je le répète, on a rien demandé, on s'en tape, on se dit qu'il y a des problèmes autrement plus urgents, mais c'est comme ça, boum, on nous demande notre avis là-dessus, et "qui ne saute pas n'est pas français, hey !"
Et c'est là que c'est dur.
Enfin personnellement, j'en chie.
Non parce que si je prends le clavier pour dire le mal que j'en pense, eh bien je participe. C'est inévitable. Donc la solution la plus sage serait de ne même pas en parler.
Seulement voilà, je n'ai jamais été sage. Petit déjà, je tapais comme un sourd sur des culbutos qui faisaient rien qu'à se relever tout le temps ! Pourtant je tapais à m'en péter les phalanges. Mais y a pas plus tétu qu'un culbutos. Enfin si, y a moi.
Donc finalement, je vais apporter ma pierre à l'édification de la "frontière mentale" des entreprises de maçonnerie conceptuelle Besson.

Hum Hum.
Plouf Plouf.

Cher Eric, mon Ricou,
Le français, c'est comme le connard: tout le monde en connaît des tas, tout le monde prétend savoir les repérer, mais tu trouveras pas deux personnes pour en donner la même définition.
De même qu'on est toujours le con de quelqu'un d'autre, tu trouveras toujours un con pour décider que tu es pas aussi français que lui. Ce sont deux phénomènes concomitants, et cons comme la lune.
Le français dit " de souche" trouve con qu'on lui demande d'expliquer pourquoi il est français.
Le français dit " de souche chelou" trouve con qu'on lui demande systématiquement s'il EST français.
Le français dit " de souche récente" trouve con le français de " souche" qui vient lui brandir sous le nez la médaille de sa première communion à la Madeleine en lui chantant " rentre chez toi Bamboula!" ( ou Mustapha, ou n'importe quel truc en A qui ne figure pas dans le calendrier des saints).
Quant à moi qui suit de "souche à plusieurs inconnues" ( mon arbre généalogique est vermoulu et on m'a piqué plusieurs branches, je suis scié !) je trouve VRAIMENT CON d'être français en ce moment, parce que ça implique d'être sous la gouvernance de LA PIRE CLASSE POLITIQUE que l'occident ait connu depuis la régence.
Et encore, je suis indulgent.

Ami lecteur, ami frâÂÂââÂânçais, je t'en conjure, rassemble tes molécules, et fais quelque chose. Quoi? Comment ça, quoi?! Mais foutons ce ramassis de baltringues à la porte de notre esprit ! Ne nous laissons pas envahir l'identité intellectuelle ! Ne nous laissons pas polluer le bulbe par cette bande de petites gens sans envergure qui sont arrivés au pouvoir comme on parvient à ses fins avec une femme saoule ! Dessaoulons avant de nous réveiller vaseux avec un solide mal de cul !
On ne peut pas accueillir toute la misère intellectuelle du monde ! Appliquons à la pensée l'immigration choisie, et ne laissons entrer que les idées qui sentent bon la déclaration UNIVERSELLE des droits de l'Homme. U-NI-VER-SELLE...
La France: petit pays charmant sur la carte qui eut à plusieurs reprises dans son histoire son petit moment de gloriole, qui a conservé depuis quelque chose d'altier et d'un peu pédant dans la démarche, qui lui donne inexplicablement un côté sympathique. On y mange bien, on y a écrit des choses plutôt pas mal, on y a eu des idées tellement bonnes qu'on arrive toujours pas à les appliquer.
Voilà en gros, on va pas y passer deux heures.

Je préfèrerais qu'on parle un peu d'Europe, perso.

Cette Europe qu'on n'arrive toujours pas à faire entrer dans les pores de ses ressortissants. Cette Europe qu'on ne veut pas faire exister autrement que par un mode d'emploi technocratique à l'usage des grands groupes et de leur lobbies.
Cette Europe qui elle aussi, pourtant, pourrait être ramenée à une définition. Une définition qui me parait autrement plus enthousiasmante que l'autre:
Europe: ensemble de petits pays charmants sur la carte qui ont passé le plus clair de leur temps à se foutre sur la gueule et qui sont parvenus ensemble à décider que ÇA N'ARRIVERAIT PLUS JAMAIS !
Putain, c'est autrement plus classe, comme projet, non ? C'est déjà un chouette résultat, non ?
Seulement voilà, l'Europe, on ne la sent pas, nulle part. Notre classe politique dans son ensemble a compris qu'elle ne se ferait JAMAIS élire en parlant d'Europe.
"Parlez-moi d'moi, y a qu'ça qui m'intéresse, parlez-moi d'moi, y a que ça qui m'donne d'l'émoi..."
dit la chanson.
Du coup, on n'a rien changé à nos habitudes depuis la dernière guerre mondiale: en matière de culture populaire, il n'y a toujours qu'un seul standard dominant: bouffer de la culture de distraction massive américaine à pleines brouettes.
Pourquoi ? Parce qu'on a fini par accepter l'idée qu'on était des américains ordinaires.

Bon, je te laisse, c'est l'heure que je prends mes gouttes.

5.11.09

ON EST VRAIMENT DES BRANQUIGNOLS

Parfaitement, des branquignols.
Qui ça ? ben nous. Enfin Morgann et moi. Et toi aussi, lecteur, je te soupçonne de plus en plus d'en être un.
Enfin pour Morgann et moi, le doute n'est plus permis.
Et la preuve, c'est que c'est le titre de notre prochaine série. LES BRANQUIGNOLS.
Alors accroche-toi à ton clavier, lecteur, parce que pour ce nouveau projet, Morgann, individu énigmatique doté d'une personnalité complexe structurée selon les lois dites de la "gidouille fractale", s'est payé le luxe d'un changement complet de style graphique ! Si !
Et je puis te l'assurer, ça arrache le sac. Et je le prouve avec ce court extrait. Paf !


Plus rien à voir, ou presque, avec l'IVRESSE DES FANTÔMES.
Ah il est comme ça, Morgann ! Il change de projet, il change de style ! Il est comme Robert De Niro, il perd du poids ( ou il en prend, ça dépend), il enquête sur le terrain ! Si ses personnages boivent, il boit, s'ils se roulent dans le purin, il se roule dans le purin, s'ils meurent... il tue quelqu'un pour voir comment ça fait !
Pour un scénariste, naturellement, c'est très agréable, tu t'en doutes.

Bon donc, les Branquignols, prochainement, dans les bacs. Enfin prochainement, c'est un euphémisme, parce que c'est pas pour tout de suite. Eeeeh oui, mais gros projet, grosse pagination, gros travail graphique... grosse attente.
Je sais, c'est injuste. Mais la vie aussi, est injuste.

Ah, et du coup je ne t'ai même pas dit de quoi ça parle !!
J'aime pas faire ça, hein, tu le sais, j'ai un problème de plus en plus gros avec le concept du pitch.
Mais pour résumer, c'est l'histoire de cinq jeunes gens, quatre garçons et une fille, qui vont se rencontrer en 1930, à l'âge où nos hormones nous incitent à la connerie et à la légèreté des mœurs, et qui ne vont plus se lâcher, pour le meilleur et surtout pour le meilleur du pire.
Car nos chers branquignols vont choisir ( et je dis bien choisir) de prendre les "chemins qui ne mènent pas à Rome", comme disait Brassens. Délinquants et libertaires, ils vont survoler les années de guerre, et les suivantes.
Et tandis que certains à cette période, se prennent pour des aigles, nos héros à nous appliquent de leur mieux la philosophie du pigeon: "regarde le monde depuis les toits, et chie-lui dessus à ta guise".

17.10.09

IL PLEUT DES RECORDS

Ouf ! C'est bon, Wall Street est reparti à la hausse, ça y est ! La barre "symbolique" des 10 000 points a été franchie ! Champagne !
Pour la fin de l'année, 43 traders vont se partager un " bonus" (le terme est-il réellement approprié?) de 140 milliards de dollars ! Un record HISTORIQUE !
Ne t'emmerde pas à faire le calcul, je l'ai fait pour toi: ça fait à peu près 3,5 milliards de dollars chacun, même si en vrai, c'est pas aussi simple. Il y en a qui touchent 1 pauvre petit milliard ( les loosers, haha !) tandis que d'autres s'en goinfrent 7 ou 8...
Alors bien sûr, ces 140 milliards ( de bonus, hein, donc de bénéfice pur, entendons-nous bien...), les mauvaises langues vont dire que c'est un petit peu grâce à la montagne de blé que les états (nous, quoi) ont réinjecté dans un système financier pourri et vermoulu. Eh bien oui ! bravo les mauvaises langues, vous avez bon !
C'est ce qu'on appelle un "hold-up légal avec champagne à la fin devant les caméras", une figure extrêmement difficile à réaliser, tant sur le plan technique qu'artistique, et qui requiert plusieurs qualités et conditions indispensables:
1- Un environnement politique international résolument tourné vers le capitalisme décomplexé et joyeux, inspiré de l'école de Chicago, une sorte de "Youkaïdi youkaïda Capitalism".
2- Une presse aux ordres, qui chante "youkaïdi youkaïda" aussi, parce que c'est chouette comme chanson.
3- Une opinion publique tellement lobotomisée qu'elle refuse l'idée qu'un voleur puisse porter un costume à 3000 €, idée qui va à l'encontre de tout son système de représentation du voleur ( qui rappelons-le, porte un pull à capuche, une casquette, et parle en verlan, c'est TF1 qui l'a dit !).
4- Un archipel de paradis fiscaux subtilement disséminé un peu partout à la surface de la planète, qui permet (gloire au Haut Débit!) de faire circuler l'argent à la vitesse de la lumière.
5- Une corporation de banquiers fiscalistes particulièrement créatifs, qui parviennent à transformer des dettes abyssales en "produits bancaires à risque variable", et à les vendre comme si c'était des bagnoles, mais des bagnoles pas chères sous prétexte qu'elles n'ont pas de frein.
6- Du champagne.

Tu vois, c'est un peu comme les éclipses totales ou les aurores boréales, ça n'arrive pas tous les jours. Alors quand ça se produit, ne boudons pas notre plaisir, et applaudissons-les. Quand c'est HISTORIQUE, c'est HISTORIQUE !

Tiens, en parlant d'historique, il y a un autre record qui vient de tomber: le nombre de gens souffrant de la FAIM dans le monde. Ils sont 1 milliard, soit 200 millions de plus qu'il y a 10 ans, et 100 millions de plus qu'en 2008 ! Et on ne parle que de ceux qui ont un risque quotidien d'en mourir, là.

Or, selon l'Organisation Mondiale de la Santé, l'éradication totale du problème de la faim dans le monde, c'est possible avec 30 milliards de dollars sur 5 ans. ( Il y a 10 ans, c'était possible avec 13 milliards seulement... mais le problème s'aggrave, bizarrement.)

Bon, bien sûr, ces deux records historiques n'ont sûrement aucun rapport, hein... Probablement que je mélange tout.
Probablement.

11.10.09

Allo Wil, c'est Jo...

Pas plus tard que tout à l'heure, tandis que je me remettais difficilement d'une improbable soirée Disco qui m'avait entraîné malgré moi sur les sentiers glissants de la boisson et du mauvais goût vestimentaire, la désormais familière version MOOG du Te Deum a soudain fait trembloter la montagne de paperasse accumulée sur mon bureau. C'est de nouveau mon papophone qui se manifeste. Je l'avais oublié, celui-là...

-Salut Wil, c'est Jo...
- Tiens, mon pape... il y avait longtemps.
- Alors, t'as vu ? T'as vu ? J'ai fait fort, là, non ?
- De quoi tu parles ?
- Ben de la bretonne que j'ai canonisée ! Jeanne Jugan ! La petite sœur des pauvres !
-Ah, ça...
- Ben ouais ! Alors là, t'es bien attrapé, tu peux pas dénigrer, c'est du béton ! C'est un geste hyyyper social ! Une femme, qui s'est occupée des petits vieux toute sa vie, qui a crée une confrérie qui a de la gueule... tout nickel.
- Ouais, bon, c'est vrai, c'est moins con que de réintégrer ton négationniste...
- On va pas reparler de ça, j'étais obligé, je t'ai dit. Stratégie de recentrage. Fallait resserrer les rangs des bas du front. Pis là, franchement, je rachète bien l'affaire, non ?
- Oui, mais...
- Quoi ? Mais quoi ?
- Mais pourquoi tu peux pas juste dire: " Jeanne Jugan, chapeau, respect, ta générosité, ton abnégation, ta mise en œuvre de l'esprit du christianisme t'honorent, tu es un modèle pour nous tous, big up, represent" ? Pourquoi il faut que tu ailles nous chier des histoires de miracle, des délires mystiques à la noix qui opacifient le propos et font fuir les sceptiques ?
- Ben ouais, je sais, ça fait un peu neuneu, mais qu'est-ce que tu veux, c'est notre griffe à nous, ça. C'est la Christian Touch. On est obligé de reconnaître quelques miracles de temps en temps, pour entretenir le mystère...
- Non mais là, c'est bidon, excuse-moi ! Cette pauvre Jeanne est morte en 1879, et vous lui attribuez un miracle qui aurait eu lieu il y a à peine 20 ans, sur un vieux médecin, ricain de surcroit, qui a guéri " comme par miracle" d'un cancer soi-disant en phase terminale, après que sa femme aie passé ses vacances à genoux à prier notre brave Jeannette. C'est fumeux, ton truc, là non ?
- C'est pas du tout fumeux ! C'est officiel ! Il a guéri alors qu'il était condamné !
- Donc ta théorie, c'est que Dieu, si tu lui cires les pompes pendant quinze jours avec ferveur, des fois, quand ça lui chante, il te sort du pastis, et le reste du temps, il te laisse crever comme une merde, même si t'es un enfant malade ou que t'es la bonté incarnée... C'est ça ton plan de com' pour gagner des parts de marché ?
- Putain, mais c'est dingue, n'importe quoi que je fais, ça te va jamais ! Qu'est-ce que j'y peux, moi, si le Patron, il décide de sauver un vieux médecin amerloque dont la femme est un peu bigote ?! Je vais te dire moi, ce qui te défrise: c'est que le mec avait le cancer, et qu'il l'a plus ! C'est ça qui te fait chier !
- Oui, et puis au cas où ce serait un magistral plantage du corps médical, l'hypothèse du miracle arrange tout le monde...
- Tu vois le mal partout.
- Ça doit être ça. Et tiens, puisqu'on en parle, je me posais une question: les pauvres gars de chez France Telecom, là, qui se suppriment en masse, ces temps-ci, vous les prenez toujours pas, là-haut, on est bien d'accord ?
- Ah ben là-dessus, tu sais bien, le Patron, il aime pas qu'on lui casse ses jouets. Ça je dois reconnaître, avec les suicidés, pour l'instant, on est psychorigide, ça continue de coincer à l'entrée.
- Je vois. Mais par contre, les mecs qui siègent au conseil d'administration du groupe et qui organisent ce magnifique merdier, pour peu qu'ils aient fait leur communion et qu'ils confessent leurs pêchés avant de crever d'avoir bouffé trop gras, eux, ils auront pas de problème avec le physionomiste à l'entrée du paradis. C'est bien ça, le monde merveilleux que t'essaies de nous vendre ?
- ...
- Joseph ? Allo ?
- Tu sais Wil, ce qui va se passer, c'est qu'un jour, moi, c'est bien simple, je t'appellerai plus, pis c'est tout...

9.10.09

CHÉRI, ÇA VA COUPER...

Ça n'aura pas échappé à ton œil sagace, lecteur, on se suicide en masse chez France Telecom. C'est la "mode", nous expliquait il y a peu Didier Lombard, le PDG du groupe, avant qu'on lui explique qu'il venait de dire une connerie.
S'il a voulu dire par là que certains de ses employés essayaient d'être "dans le vent", eh bien ils y sont momentanément parvenus, pour ceux d'entre eux qui se sont jetés par les fenêtres.
Merci Didier, pour cette touche d'humour noir qui fait du bien, en ces temps de crise.
C'est bon de rire parfois...
Il aurait pu rajouter que dans le souci de promouvoir les technologies sans fil, la majorité des suicidés avaient eu le bon goût de ne pas avoir recours à la pendaison...

Mais Didier, ce n'est pas qu'un comique, c'est aussi un homme d'action. D'ailleurs, il a immédiatement pris une mesure drastique pour endiguer cette averse de salariés sur le perron: la construction d'un immeuble anti-suicide !
Si.
Rappelons ici le concept d'un immeuble anti-suicide: les fenêtres ne s'ouvrent pas, il n'y a pas de terrasses, les tuyaux ne sont pas apparents (pour éviter que les employés ne se pendent avec leur cravate, sûrement...)
Non, vraiment, c'est bien fichu. Avec ce nouvel immeuble, les salariés seront bien attrapés, et ils en seront quittes pour aller se suicider AILLEURS ! Non Mais !
Alors je t'entends d'ici, avec ton esprit chafouin, toujours prompt au dénigrement des initiatives des autres, tu vas dire: " un immeuble anti-suicide, c'est con, ça ne s'attaque pas à la source du problème !"
Mais c'est quand même incroyable ce que tu peux être dur de la feuille, ami lecteur, je te le dis en toute amitié.
Car enfin tu as la chance d'avoir un leader clairvoyant, un chef omniscient qui SAIT, lui pourquoi les gens se suicident. Et il te l'a déjà expliqué: Le suicide, c'est génétique.
Il sait de quoi il parle, il est quand même le chef.
La question n'est donc pas de savoir si les employés de France Telecom subissent trop de pression, ou sont harcelés, ou je ne sais quoi, NON !
La vraie et seule question qu'on devrait se poser, dans une approche Sarkozyste du phénomène épidémiologique du suicide en entreprise, c'est:
Qu'est-ce qu'ils branlent, à la DRH de France Telecom, à nous recruter que des cadres qui ont le gène du suicide ?! Faites des tests ADN, bon dieu ! repérez-les à l'entrée !
C'est le mal français, ça, de chercher des raisons compliquées à des problèmes que le chef a déjà résolus.
C'est bien simple, c'est à se flinguer...

6.10.09

Bienvenue dans un monde de merde.


Ça devait arriver, c'est arrivé.
Le gouvernement s'est rendu compte qu'on avait un système de santé qui faisait des envieux de par le monde, alors il s'est mis sans tarder à la tâche: "Hardi les gars, il faut saloper tout ça !"
Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça traîne pas.
Grâce à Fillon, on va se fader une hausse du forfait hospitalier et une hausse du ticket modérateur sur les médicaments.
Grâce à Copé ( Aaaah Copé !), on va payer des impôts sur les indemnités de congé maladie en cas d'accident du travail.
Mesure qui selon lui est sociale, car les hauts salaires touchant des indemnités plus importantes seront taxés aussi. Bon, moi, perso, les accidents de travail des membres de conseil d'administration de multinationales, à part s'endormir au bureau avec son cigare et se brûler les couilles, je vois pas bien à quoi ça fait référence. Mais bon, il paraîtrait que ça existe.

En tout cas, le couillon de base, lui, il va y avoir droit, à l'impôt sur ses congés maladie, qui viendront s'ajouter à ses frais d'hospitalisation mal remboursés et à ses médicaments mal remboursés, mais PAS DE PANIQUE !
Frédérique Lefebvre, alias Fredo la débrouille, vous donne une astuce: Vous pouvez parfaitement continuer à travailler PENDANT votre congé maladie, au lieu de rester là, connement, à glander devant la téloche. Le travail, bon dieu !
Et c'est vrai que c'est pas con.
Ami maçon, toi qui est tombé d'un échafaudage et qui attend de savoir si tu pourras remarcher un jour, sais-tu qu'au lieu d'angoisser bêtement tout seul chez toi à regretter le temps où tes vertèbres communiquaient entre elles, tu peux encore être utile sur le chantier ? Mais oui ! Un fauteuil roulant électrique, c'est la brouette intelligente dont rêvent tous tes collègues de travail ! Alors cesse un peu de bougonner, libère cette chambre d'hôpital qui te coûte une fortune, et va transporter des parpaings pour tes potes ! C'est ça, la solidarité !
Et de toute façon, tu vas finir par te faire chier, dans cet hôpital: Car autant te le dire franchement, tes enfants viendront pas te voir. Pourquoi ? Parce que depuis que le gouvernement projette de leur filer de la tune pour aller à l'école, ils en exigent aussi pour toutes les activités qui empiètent sur leur temps libre. Y a pas de raison. Pour aller voir mamie à la maison de retraite, pour aller en promenade le dimanche, pareil: tu payes, sinon, ils viennent pas. C'est ce que leur apprend l'éducation Nationale selon Luc Chatel.
Crois-moi, ami maçon, tu seras bien mieux sur le chantier avec tes potes. Et ça libère une chambre...

23.9.09

QUAND J'ÉTAIS PETIT...

Quand j'étais petit, je suis allé voir une pièce de théâtre avec l'école. Tu vas me dire, toi aussi, mais là, tu permets, je parle de moi, c'est mon blog, merde.
J'étais en 6ème, je crois. Une pièce en costumes, inspirée des contes pour enfants, dans un "vrai" théâtre, avec des fauteuils rouges, des balcons, un plafond peint... J'avais jamais vu un truc pareil ! Un décor avec des portes cachées, des passages, des panneaux pivotants, des trappes. Je n'ai jamais oublié ce spectacle.
Jamais oublié non plus certains élèves qui étaient là, ce jour-là, dans la salle, et qui manifestement, n'en avaient rien à battre de ce qui se passait sur scène. Mais rien.
Rien n'est même pas assez fort.
Ils ne voyaient pas, tout simplement, trop occupés à faire les zouaves, ou à essayer de quitter la salle sans se faire remarquer, ou à essayer de tripoter les filles du rang de devant. La pièce n'était pour eux qu'un prétexte à un peu plus de liberté que d'habitude, lorsqu'on est en classe, et dans la lumière. Tout glissait sur eux.
Pour certains, même, la façon dont les comédiens étaient vêtus, c'était "trop la honte". Eclats de rire, moquerie, gène. Impossible pour eux de comprendre comment on peut porter des trucs pareils sans y être obligés par la menace d'une arme à feu.
Bref.
Pour ce que j'ai vu ce jour-là sur scène ( du théâtre comme je n'en avais jamais vu...) et dans la salle ( le pathétique manège de la pré-adolescence crétine et fière de son imperméabilité), je n'ai jamais oublié. J'ai la sensation d'avoir beaucoup appris dans deux domaines: culture et société.

Bingo.

Jamais oublié non plus une sortie à la montagne, pour aller observer la formation des roches sur le flanc des falaises, et comprendre enfin quelque chose à cette histoire de tectonique des plaques qui me passait au-dessus du bonnet lorsqu'elle n'était que des petits dessins sur le tableau noir. Là, soudain, je les avais devant moi, les enchevêtrements de roches, en coupe ! Les couches de granit, de calcaire, etc...

Rebingo.

Pourquoi je vous parle de tout ça, finalement.
Parce que cette semaine, une note interne du ministère de l'éducation nationale préconise de "limiter et de réduire" les sorties scolaires, " perte de temps considérable", qui "empiètent sur le temps d'apprentissage des élèves".

En résumé, si les enfants ne savent plus lire et écrire, ce n'est pas parce qu'on manque de moyens ou de profs, c'est parce qu'on perd trop de temps à les emmener voir des concerts, des expositions, des professionnels, ou la nature...
Une rétrospective Brancusi ? Perte de temps.
La récolte du miel ? Pas le rôle de l'école.
Une rencontre avec des réfugiés politiques ou des victimes de violences politiques ? Oulaaaaah...
L'art contemporain ? Que les parents s'en chargent.

Mais quels parents, s'en chargent ? Certains parents, toujours les mêmes, n'est-ce pas... ? Ceux qui ont le temps, les moyens, et qui sont tombés dedans quand ils étaient petits.


Et pendant ce temps, on démolit des tentes dans la "jungle".
Et pendant ce temps, Denis Robert est inculpé au procès Clearstream.

Ça n'a pas de lien?
Peut-être... Ou alors ça en a plein, des liens. Et peut-être qu'avec tous ces liens, on nous ligote.

Ligote, ligote...


(Si toi aussi, tu as dans un coin de ta tronche un souvenir ému de sortie scolaire, eh bien tu peux nous en faire part dans les commentaires.
Pis quand y en aura plein, ben on fera un recueil et on l'enverra en guise de "note interne" à l'attention de notre bien-aimé ministre de l'éducation, pour qu'il n'oublie pas de foutre la précédente à la poubelle...

En te remerciant.)

16.9.09

MAIS QUE S'EST-IL PASSÉ ?!?

Je n'en reviens pas moi-même. Des mois d'absence parfaitement injustifiés, non mais on rêve !
Bon, je peux tout expliquer: j'avais du travail+besoin de vacances+ d'angoissantes périodes de questionnement quant au sens de la vie, tout ça. On s'en fout, je suis bien d'accord avec vous.

Parons au plus pressé, et annonçons d'ors et déjà une date:

LES 2, 3 ET 4 OCTOBRE, JE SERAI LÀ:
Aux rencontres "Ecritures et Résistances" de la médiathèque Lucie Aubrac, à Ganges, à côté de Nîmes.
Cette année, le thème en sera : D'autres civilisations possibles. On va parler de mondes imaginaires, d'alternatives, de science fiction...

Viendez, ça sera bien. En plus, y aura CAZA. ( Joie...)

6.2.09

IL EST SORTI !

Il est là, il est tout frais, il est tout chaud, c'est le troisième et dernier tome de L'IVRESSE DES FANTÔMES.
Fierté, joie, tristesse (c'est fini...)
l'occasion de s'envoyer ou de se renvoyer cette trilogie qui décape dans les gencives !

Offrez-en autour de vous, osez les cadeaux hors période de noël...





La série est donc achevée, mais déjà le feu de la créativité nous consume les orteils, et nous revoilà au travail, avec le sieur MORGANN, sur une nouvelle série qui verra le jour aux éditions DELCOURT.

Son titre ? C'est un secret, vous ne saurez rien !

NAaaaan , n'insistez pas, rien, j'ai dit. D'ailleurs personne ne le connait, ce titre.

Même pas les auteurs...

15.12.08

DE L'IMPORTANCE DU MATOS

Reconnaissons-le, hier, on était à deux doigts de se faire mortellement chier.
C'était dimanche, il caillait, il faisait moche.
Pour ne rien arranger, les medias de tous bords s'employaient à nous décongeler les marronniers de saison, enneigement auvergnat, succès des téléphones portables pour noël (information CAPITALE!), problème des SDF, et SURTOUT, SURTOOOOOUUUT, l'info primordiale: le choc des titans entre l'OM et l' OL, pétard mouillé par excellence, pignolades inter-minables d'avant match, stérilité, médiocrité... Non, je vous le dis, on était à deux doigts.

Ou plus exactement à deux chaussures.

Car heureusement, un homme s'est levé pour faire de ce dimanche un jour pas comme les autres, un jour à marquer d'une pierre blanche.

Cet homme mystérieux (à l'heure où je tapote le clavier, on ne sait pas encore son nom), c'est un journaliste irakien, devenu en une seconde un paladin du monde libre, qui a profité de la dernière visite de George Bush en Irak pour lui balancer sa paire de grôles en travers de la gueule en le traitant de chien.
Joie. Emotion.



Un héros vient de naître, là, devant nous. Il a manqué sa cible, il n'en est que plus magnifique. Et à coup sûr, il aura moins d'emmerdes. D'ailleurs qu'il se rassure, pour atteindre Georges W Bush, il faut se lever tôt. G W Bush, rien ne l'atteint. Ni la honte, ni les scrupules, ni la dignité, ni les godasses.
Georges Bush a esquivé les projectiles, impeccable, tel Neo dans Matrix.

Mais d'ors et déjà, on peut déplorer un premier constat: l'amérique, après toutes ces années de présence en Irak, n'a pas eu le temps d'importer toute sa culture dans ce beau pays. Car si c'était le cas, notre brave journaliste aurait pu se procurer dans un FOOT LOCKER des chaussures plus adaptées à l'usage qu'il comptait en faire, un peu dans ce genre:




Aaaah, tout de suite, c'est autre chose. Meilleure prise en main, meilleure pénétration dans l'air, meilleure pénétration dans la boite cranienne... Vous imaginez ce que ça aurait pu être, ainsi que les commentaires de la presse en direct:

" Oulalala, superbe performance de l'irakien , attendons la note artistique... 5,3... 5, 7... 5,1 c'est sévère..."

Comme quoi, le choix du matos, c'est important.

Mais ça ne fait rien, l'image est dans la boite, comme on dit.

Désormais, et pour toujours, on a cette séquence hautement symbolique de GW Bush qui se baisse pour éviter une chaussure, comme un chien pris en train de foutre le merdier dans une poubelle.

Prenons-en de la graine ! On a tous de vieilles paires de pompes dans nos placards !

Et sinon, la BD ?

hé bien, euh... Oui, euh...

Ah si !
Je dois le dire, j'ai signé une nouvelle série chez DELCOURT: une trilogie, qui s'intitule L'HOMME QUI N'AIMAIT PAS LES ARMES À FEU.
Au dessin, un jeune auteur talentueux au corps superbe. Je vous montrerai des trucs bientôt.

11.12.08

CÉLESTIN GOBE LA LUNE: LE GRAND CONCOURS

GANG DES TALENTS propose ce mois-ci un jeu concours sur Célestin.
On peut y gagner 150€ de bon d'achat valables dans les librairies du réseau CANAL BD.

Avis aux amateurs..


3.12.08

Salut Wil, c'est JO... (le retour)

Il y a quelques minutes à peine, alors que je m'abîmais lentement, comme chaque soir, dans l'étude comparative de l'éthique à Nicomaque et de l'éthique à Eudème de cette vieille fripouille d'Aristote, mon papophone se remet à me glavioter son Te Deum digitalisé.
Pour ceux qui ont raté le premier épisode, je vous le remontre.


Je décroche.
Comme je m'y attendais, c'est Joseph, aka Benedict sixteen, aka "sweet sixteen" Ratzinger.
- Salut Wil, c'est Jo.
- Sans déconner, t'as vu l'heure ?
- Ouais je sais, mais j'étais impatient d'avoir ton avis sur mon nouveau style.
- Ton nouveau style ?
- Ben ouais, ma "green attitude", comme dans ton blog.
- Ah ! ça ? ( je vous montre...)



- Ouais, la classe non ? Franchement ?
- Ben pour être honnète, j'aime moyen...
- Boah, Wil, tu charries ! Ça fait des mois qu'on bosse là-dessus ! J'ai mis tout mon staff sur le coup ! Le côté écolo, tout ça ! C'est toi qui m'a dit qu'il fallait que je me mouille davantage dans l'écologie, en plus ! "Green is bioutifoul !" tu disais...
- Ouais mais là, t'as abusé, il y a GREEN et GREEN. Non franchement, on dirait le grand-père de Hulk, c'est pas possible. Qui c'est qui t'a cousu ces machins là ?
- C'est Boutin...
- Christine Boutin ?! ? Mais... Mais tu pouvais pas demander à des pros ?
- Ben j'ai demandé, mais il y en a pas un qui a voulu m'aider.
- Sans déconner ? Même JP Gauthier ? Même Lacroix?
- Que dalle ! Ça, quand c'est pour relooker Madonna ou la reine mère, il y a du monde ! Mais Benoit, il peut se brosser...
- En même temps, si t'étais plus sympa avec les homos, t'aurais peut-être plus d'amis dans la haute couture...
- Ouais, je sais... Bon, donc tu aimes pas, c'est sûr ? C'est une connerie, ce look ?
- Ah ouais une grosse. Faut plus le faire, ça, Jojo... Crois-moi, en blanc, tu déchires, reste solide sur tes bases. Va pas te lancer dans des relookings à la M6, t'as passé l'âge.
- Et le noir ? ça m'amincirait pas, le noir?
- Joseph, on en a déjà parlé ! Tu sais bien qu'en noir, tu ressembles à l'Empereur Palpatine ! Le noir t'est formellement interdit ! Schwartz Verbotten, Joseph !
-Pffff... Bon, ben je vais ressortir mes robes blanches... C'est d'un rasoir, je te jure...
- Naaan dis pas ça, t'es ultime, en blanc ! UL-TI-ME ! Crois-moi...
- Mouais. Tu dis ça, mais j'ai quand même la désagréable impression que tu te fous légèrement de ma gueule...
- C'est pas faux, mais toujours dans un bon esprit. On s'aime bien, alors on se vanne un peu. C'est ça les potes... Bon, je dois y aller, là... j'ai Aristote sur le feu...
- Ouais moi aussi, j'vais me foutre aux plumes...
- Tu lis quoi, en ce moment?
- Le diable s'habille en Prada... Allez salut Wil...

Franchement, des fois, avec Joseph, je ne sais plus quoi faire...